Revue de presse du 27 juin - La méthode Sarko

Publié le par citoyen 52

La méthode Sarkozy

homme-010.gif

NOUVELOBS.COM | 27.06.2007 | 09:51

 Plusieurs éditorialistes commentent, mercredi 27 juin, la méthode de Nicolas Sarkozy


LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

"Quand ils m'attendront ici, je serai déjà ailleurs " a coutume de dire Nicolas Sarkozy qui multiplie les chantiers pour brouiller les pistes. Le repli provisoire de l'Elysée sur l'autonomie des Universités, simple manière de reculer pour mieux sauter, pose la question de la méthode Sarkozy. Méthode qualifiée de " mauvaise " par François Hollande très doué pour laisser pourrir les situations. Mais le chef de l'Etat n'entend pas " donner du temps au temps " comme le préconisaient Mitterrand puis Chirac dans une gestion hiératique du pouvoir. En position de force du fait de sa légitimité récente acquise dans les urnes, le Président n'entend pas en abuser. Trop de gouvernements ont échoué par entêtement en voulant passer en force avant de céder sur le fil du rasoir. Le dernier en date étant celui de Dominique de Villepin en digne héritier d'Alain Juppé, sur le CPE. Une idée pourtant audacieuse reprise dans une formulation voisine par Ségolène Royal durant la campagne. (...)"

LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

"(...) Nicolas Sarkozy voit surtout dans ce partage des tâches une façon de tuer dans l'oeuf toutes les velléités d'ambitions personnelles qui pourraient naître. Chacun à leur façon, Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin ont parfaitement interprété le message du boss. L'ex-Premier ministre - décidément toujours aussi légitimiste - en prenant acte du fait que, même s'il n'était pas le "patron juridique" de l'UMP, Nicolas Sarkozy en était...le "patron naturel". Patrick Devedjian en ne se donnant même pas la peine de cacher le but de la manoeuvre: le parti n'a pas voulu désigner un président "qui pourrait, on ne sait jamais, se sentir pousser des ailes". On ne saurait être plus clair. Comme il devient également de plus en plus clair que l'"ouverture" est une donnée sarkozienne à géométrie variable. Bien en coeur et bien en vue quand il s'agit de la pratiquer au gouvernement, elle a, à l'évidence, beaucoup moins la cote quand il s'agit de tenir la maison UMP. Là, on préfère que tout soit bien bouclé. Etonnant, non?"

L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel

"Le président de la République ne se contente pas de présider, il va au charbon, il met les mains dans le cambouis, il est au four et au moulin, bref, il se mouille. Et, pour le moment, son hyperactivité séduit. Finalement, il n'y a qu'un seul lieu où il ne peut aller: c'est l'Assemblée nationale. La constitution le lui interdit. Mais peut-être va-t-il changer aussi cela. En attendant, le Palais-Bourbon reste la chasse gardée du Premier ministre. Il y prononcera le 3 juillet "sa" déclaration de politique générale. On se doute qu'à l'Elysée quelqu'un rongera son frein ce jour-là et suivra de près la prestation de celui qui n'aura d'autre rôle que d'être sa voix. Dans un espace aussi étroit qui ne lui laisse même pas la liberté de dire, comme le fit Laurent Fabius quand il était Premier ministre de Mitterrand, "lui c'est lui et moi c'est moi", François Fillon aura du mérite s'il arrive à prouver malgré tout qu'il sert vraiment à quelque chose."

LA MONTAGNE
Dominique Valès

"(...) Le président le proclame lui-même fièrement : il a été élu pour faire " quelque chose sur tout ". Il décide de tout, annonce tout, reçoit tout le monde. L'Élysée est devenu le lieu géométrique où s'exerce le pouvoir, s'aplanissent les différends, se résolvent éventuellement les conflits. Nicolas Sarkozy consulte, ausculte, discute. Il est au four et au moulin, et même au charbon, il n'hésite pas en toutes circonstances, et sur les sujets les plus divers, à s'impliquer personnellement. (...) Reste donc pour François Fillon la portion congrue. Et pas même le discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, traditionnel cheval de bataille d'un Premier ministre désigné, qui cherche à y mettre sa touche et à donner un sens à son action. Ce discours, Nicolas Sarkozy l'a prononcé la semaine dernière devant les parlementaires UMP. (...) Bref, il est en passe d'être réduit à un simple rôle de directeur de cabinet, conséquence inéluctable d'une réforme du quinquennat venant priver le Premier ministre de ce qui restait de ses prérogatives.

LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noël

"(...) Un dossier patine ou risque d'exploser. Le Président reprend la main, change le calendrier, reçoit les parties prenantes, bref ne laisse à personne le soin de dégripper la machine. On imagine qu'il n'eût pas laisser Villepin se fourvoyer dans le bourbier du CPE et que, président à l'époque, il aurait déminé le terrain. Le revers de cet activisme forcené et de ce contrôle acéré est le risque d'isolement encouru par le boss, devenu interlocuteur privilégié dans tous les domaines. En tout cas, dans celui des universités, il a choisi de rencontrer "tout le monde pour lever les points de crispation et les ambiguïtés" (dixit Valérie Pécresse reléguée au second plan). L'enjeu est de taille et s'il peut faire l'économie d'une rentrée tumultueuse, ce retard à l'allumage deviendra vite anecdotique. Une telle implication dans tous les dossiers est-elle viable à long terme ? La question mérite d'être posée."

Publié dans Articles de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article