Anti OGM : suite

Publié le par citoyen 52

Logo-courrier-ouest.jpgMaïs OGM : deux autres hectares détruits.

Après 11 hectares de maïs OGM piétinés à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance, ce sont deux autres hectares qui ont été détruits dans la nuit de mercredi à jeudi à Cornillé-les-Caves.

Dans la petite commune de 500 âmes de Cornillé-les-Caves, dans le canton de Seiches-sur-le Loir, personne ou presque ne savait que du maïs transgénique y était cultivé. Ils sont bien quelques-uns à avoir vu tourner des véhicules de gendarmerie, hier, mais sans savoir pourquoi. "Des OGM chez nous ? C'est incroyable !"

Cette opération intervient comme un pied de nez au procureur de la République et aux forces de la gendarmerie qui ont procédé à huit interpellations de militants anti-OGM mardi dernier.

Les huits militants, soutenus par leurs camarades devant les gendarmeries où ils avaient été placés en garde à vue, ont été remis en liberté le soir même.

Ce nouvel évènement dans le feuilleton anti-OGM angevin intervient au moment même où Jean-Louis BORLOO, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, laisse entendre que le gouvernement s'apprête à geler les cultures transgéniques en France en 2008. Le groupe OGM du Grenelle de l'environnement doit se réunir aujourd'hui.

Anti OGM et pouvoirs publics renouent le dialogue.

Les interpellations de mardi semblent avoir permis de rétablir le dialogue entre les militants anti-OGM et les pouvoirs publics. Hier, Jean-Charles TAUGOURDEAU, député de Saumur-Nord, a en effet reçu à sa permanence de Beaufort-en-Vallée un collectif de représentants de la Confédération paysanne, de l'Union des apiculteurs d'Anjou, et du Groupement des agriculteurs bio d'Anjou, ainsi que deux des quatre gardés à vue. A l'heure du rendez-vous, tout le monde n'était pas encore au courant de la destruction de Cornillé-les-Caves.

Moratoire immédiat.

Durant plus de deux heures, les discussions ont été vives. Parmi les nombreux thèmes abordés par les anti-OGM, un point de convergence : la nécessité absolue de rétablir un moratoire immédiat. A ce jour, personne n'étant, semble-t-il, capable de définir avec certitude et précision les dangers de ces cultures modifiées, "le principe de précaution doit être appliqué, somme Emmanuel Courcoul, secrétaire de la Confédération paysanne 49. Nous demandons également que des débats publics soient mis en place avec l'intervention de scientifiques."

La France en retard.

L'opinion du député est, elle, plus nuancée. "Je ne suis pas pour ou contre les OGM. Certains sont dangereux et il faudra les interdire. D'autres, au contraire, devront être développés, notamment dans le domaine de la recherche médicale. La France est sans doute un peu en retard sur ce sujet, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Nous avons en tout cas besoin de l'avis d'experts," a indiqué Jean-Charles TAUGOURDEAU, qui s'est en outre engagé à faire remonter les doléances des anti-OGM au Président de la République.

Cette amorce de dialogue a eu le mérite d'exprimer la volonté commune, sinon de l'entendre, au moins de s'écouter. Digne positif : les deux parties ont convenu ensemble d'une date pour organiser un débat contradictoire. Il devrait avoir lieu le 23 novembre à Beaufort-en-Vallée.

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