La Mare aux Canards

Publié le par citoyen 52


Le-canard-enchaine-nom-27-10-2004.jpgCanard Enchaîné : extraits

Je gueule donc j'existe 

Le Premier ministre a une autre raison de hausser le ton que ce louable souci de sauver les finances de la nation.
"J'en ai marre que l'on me prenne pour un débile, a-t-il expliqué à ses amis.
J'en ai marre des déclarations des Guéant, Guaino, Martinon. Je vais donner le tempo, et tant pis si on croit que c'est de la provocation."
Conclusion :
"Je vais tout simplement faire comme Nicolas. On va finir par comprendre qu'il y a un Premier ministre."
Reste à savoir pour combien de temps.

Fillon désespère Sarko 

Quand on lui a rapporté, le 21 septembre, la dernière phrase-choc de Fillon ("Je suis à la tête d'un Etat en situation de faillite"), Nicolas Sarkozy a laissé tomber :
"Je ne suis même pas furieux. Je suis tout simplement désespéré."
Le chef de l'Etat en voulait, en revanche à ses conseillers, qui l'avaient fortement incité, la veille lors de son intervention à la télé, à encenser ce Premier Ministre "remarquable".
"Vous vouliez que je le ménage, que j'en dise du bien, vous devez être contents, a-t-il ajouté à l'attention de ses collaborateurs. Voilà le travail ! Fillon parle à contretemps, sans tenir compte du discours volontariste que je bâtis depuis mon arrivée à l'Elysée. Il va donner du grain à moudre à la gauche et aussi aux Européens, qui vont exigr que nous redoublions d'effort."
Et, cette fois, très échauffé, Sarko a conclu :
"Fillon déconne complètement. J'ai compris, il veut exister, mais il me fait chier. (...) Je ne peux pas le dégager tout de suite. Mais, en mai, tout deviendra possible."
"Ensemble, tout devient possible",
c'était précisément le slogan du candidat UMP. Mais "Ensemble avec Fillon" n'a pas l'air de vraiment passer l'été.

Profil idéal 

Alors que les couacs et les gaffes se multiplient au gouvernement, que Sarkozy lui-même a promis de virer l'an prochain les plus "nuls", plusieurs de ses récents visiteurs ont posé la question au Président : "C"est quoi, un bon ministre ? Sur quels critères le juge-t-on ?"
Réponse de Sarko : "Un bon ministre, c'est un mec (sic) qui prend des risques, qui fonce, qui prend de bonnes initiatives, et qui parle sans cour-circuiter l'Elysée."
Et un bon Premier ministre ?
C'est "un mec" qui "parle" ou qui se laisse "court-circuiter par l'Elysée" ?

Un gaffe de Borloo

Le torchon a brûlé, la semaine dernière, entre Jean-Louis Borloo et Michel Barnier.
Le ministre de l'Ecologie avait cru bon d'annoncer, le 17 septembre, à des parlementaires un moratoire de fait sur les cultures d'OGM en plein air. Ce qui a valu à son collègue de l'Agriculte de se faire siffler trois jours plus tard au congrès des céréaliers.
Du coup, Barnier est allé se plaindre à l'Elysée tandis que Borloo cultivait son personnage de malotru sur le thème : "Barnier, j'en ai rien à foutre".
Hélas pour lui, Sarkozy a rendu un jugement favorable à Barnier :
"Borloo, a-t-il prononcé, avait comme instruction d'annoncer le moratoire après le Grenelle de l'environnement, et pas avant. Il a fait une connerie."
Vite ! Rendez-nous Juppé !

Dans de beaux draps 

Henri Guaino, le très influent conseiller spécial de l'Elysée, a une curieuse façon d'analyser le comportement du Premier Ministre. Pour lui, le nouvel éclat de Fillon ("La France en faillite") est "une manière stupide de clamer son amour de Sarkozy".
Et d'ajouter :
"Le Premier ministre agit comme ces enfants qui se sentent blessés par leur mère et font pipi au lit pour attirer l'attention"
D'ici à ce que Fillon en remette une couche...
 

L'Elysée cerné par "les cons"

"J'ai beaucoup de nuls et de cons au gouvernement." C'est une phrase que Sarkozy sert régulièrment à ses interlocuteurs. C'est aussi une façon de faire règner la terreur chez les ministres afin qu'ils bougent leurs fesses et bousculent leurs collaborateurs. La dernière fois, à notre connaissance, que le chef de l'Etat a évoqué ces "nuls" et ces "cons" (qu'il a lui-même nommés), c'était le 13 septembre, à l'Elysée, devant François Bayrou. Et il a précisé :

"Je vais virer un paquet de ministres en janvier. Si tu veux nous rejoindre, tue es le bienvenu."

Le candidat malheureux à la présidentielle a décliné l'offre.
Il ne voulait pas avoir la chance un jour d'être traité par le chef de l'Etat de "nul" et de "con".




MINIMARES :

François FILLON a prévenu les parlementaires UMP que la session extraordinaire de juillet n'a été qu'un "échauffement" ("le Figaro", le 20/09)
Gare aux claquages !!

Lu, dans "Le Figaro" (22-23/09), ce commentaire de Lionel Jospin à propos de son ouvrage "L'impasse" :"Une impasse, on peut en sortir à condition de revenir en arrière, sur les fondamentaux de la politique et puis de reprendre son élan." En klaxonnant ??

Publié dans Articles de presse

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