Répression en Birmanie

Publié le par citoyen 52

La répression s'abat sur les manifestants birmans

La junte tente de mettre un terme par la force à la "rébellion safran" qui agite Rangoon. Elle aurait ouvert le feu sur la foule.

Policiers autour de la pagode Sule, à Rangoon mercredi (Aung Hia Tun/Reuters)

A en croire un diplomate français en poste à Rangoon, les forces de l'ordre auraient tiré sur les manifestants dans l'ancienne capitale. "Des tirs ont eu lieu de la part des forces de l'ordre, d'abord en l'air puis sur des manifestants. [...] Le sang a coulé", déclare-t-il au micro de RTL. Comme on pouvait le craindre, la répression s'est abattue mercredi sur les moines et les civils manifestant dans plusieurs villes du pays.

Militaires et policiers ont d'abord fait usage de bâtons et de gaz lacrymogènes, puis ont tiré en l'air avant, donc, de faire feu sur des manifestants. Une centaine de personnes auraient été arrêtées. Sans tenir compte des appels à la raison émanant de la communauté internationale, la junte birmane tente de mettre un coup d'arrêt au mouvement pacifique qui conteste depuis cinq semaines son pouvoir absolu.

Depuis une semaine, les autorités birmanes se posaient la question: réprimer ou réprimer? En clair: comment mater un mouvement qui prenait de l'ampleur, sans s'attirer les foudres de la communauté internationale... Pour comprendre la situation qui prévaut à Rangoon et dans les grandes villes du pays, il faut revenir sur le poids et la place des moines bouddhistes dans une société étouffée par le régime des généraux.

Elevé au noviciat avant même l'adolescence, les futurs serviteurs du culte sont habitués à vivre de l'aumône publique. Ce qui les rend à la fois très proches du peuple et très attentifs aux difficultés de vie de la population. Dans un pays de 55 millions d'habitants, le nombre de religieux en activité -incluant novices, moines et nones- est évalué entre 250000 et 500000 personnes. En réalité, personne ne sait vraiment combien ils sont.

Guy Lubeigt, géographe chargé de recherche au CNRS, a vécu vingt-cinq ans en Birmanie. Pour lui, les moines incarnent la seule institution capable de rivaliser avec la toute-puissante armée birmane.

Mardi, les autorités militaires se sont proclamées arbitres de qui, parmi les moines, respectaient les règles monastiques. Elles considèrent que les 2% de bonzes qui manifestent se sont exclus eux-mêmes de la communauté et risquent donc l’arrestation. A l'aube mercredi, soldats et policiers s'étaient déployées autour des temples de Rangoon.

Arrestation à la pagode Sule de Rangon, mercredi (Aung Hia Tun/Reuters)

Les généraux jouent sur la partition du clergé. La raison est simple: la hiérarchie supérieure des moines bouddhistes est de longue date soumise au contrôle du régime militaire. Certains l'acceptent, d'autres pas. Guy Lubeig

Aung San Suu Kyi rencontre les manifestants, samedi (DR)

Enfin, le sort d'Aung San Suu Kyi est en suspens. Selon plusieurs sources "haut placées" citées par les agences de presse, le Prix Nobel de la Paix 1991 aurait été transférée dimanche dans la prison de haute sécurité d'Insein. Une information démentie par des sources policières. Samedi, l'opposante était apparue sur le seuil de sa maison saluant les moines protestataires, surpris de voir celle qu'ils surnomment la "Dame".

► Mis à jour le 26/09/2007 à 12h30, après le témoignage du diplomate français sur RTL.

Publié dans Articles de presse

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