Revue de presse - Les heures supplémentaires

Publié le par citoyen 52

Les heures supplémentaires
NOUVELOBS.COM | 01.10.2007 | 08:46
Les commentaires de la presse française lundi 1er octobre sur les heures supplémentaires.

LES ECHOS

Jean-Marc Vittori

"En temps d'accélération économique, une telle mesure profite à des millions de salariés. En temps de ralentissement, elle tient surtout de la prime aux salariés travaillant dans des petites entreprises restées aux 39 heures. Nicolas Sarkozy a promis d'aller "chercher la croissance" là où elle se trouve. Mais la croissance semble se terrer et le président manque de pelle budgétaire ou monétaire pour aller la débusquer. Les mesures prises cet été n'auront pas d'effet tout de suite. En attendant, la France risque de passer par l'un de ces trous d'air qui absorbent les velléités de réforme."

LA TRIBUNE
Pascal Aubert

"Travailler plus pour gagner plus" aura été le slogan le plus marquant de la campagne électorale qui a conduit Nicolas Sarkozy à l'Élysée. La réalisation de cette promesse repose en partie sur le dispositif des heures supplémentaires défiscalisées, qui entre en vigueur aujourd'hui. En choisissant d'en faire une des toutes premières mesures de son quinquennat, le chef de l'État a voulu montrer qu'il entendait apporter un début de réponse à la préoccupation numéro un des Français, le pouvoir d'achat. Du même coup, il fait un pari hasardeux qui pourrait se retourner contre lui si le "plus" de pouvoir d'achat n'était pas au rendez-vous (...) Combien d'entreprises auront du travail supplémentaire à distribuer ? On voit bien l'intérêt pour les secteurs à forte saisonnalité. Mais pour les autres ? La réponse tient en un mot : croissance. Hélas, ce fameux point de croissance que Nicolas Sarkozy se dit prêt à aller chercher "avec les dents", mais plus sûrement avec des réformes, ne sera là ni demain matin ni dans un mois, pas même dans un an."

LA CHARENTE LIBRE
Dominique Garraud

"La session parlementaire qui s'ouvre comporte à son agenda nombre de dispositions et d'orientations contestées au sein de la majorité. Il en va ainsi de la collision entre un "paquet fiscal" dispendieux et un budget peu rigoureux en matière de réduction des déficits publics, mais aussi de la rémunération des heures supplémentaires qui connaissent quelque retard à l'allumage. Des amendements seront certainement déposés pour corriger le tir et il sera intéressant de voir jusqu'à quel point Nicolas Sarkozy et François Fillon laisseront des marges d'initiative à leur majorité. Car, derrière les états d'âme de la majorité, il n'y a pas seulement le souci d'exister en étant pleinement associé à la politique gouvernementale. Les craintes sont vives que les réformes à marche forcée initiées par l'Elysée conduisent la majorité dans le mur lors des prochaines municipales. Et dans ce contexte, François Fillon risque fort d'avoir à tenir un rôle déterminant et inconfortable pour gommer les effets pervers de la présidentialisation du régime."

L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"La première réforme emblématique de l'ère Sarkozy, celle qui touche à la rémunération des heures supplémentaires, entre en vigueur aujourd'hui (...) Les aides de Lionel Jospin n'ont guère eu d'effet sur la réduction du chômage, objectif premier des 35 heures. Les aides de Nicolas Sarkozy boosteront-elles le pouvoir d'achat des salariés pour amorcer enfin la pompe de la croissance ? C'est le pari du chef de l'Etat, mais il ne suffit pas en effet de permettre aux Français de travailler plus. Encore faut-il qu'il y ait du travail. Et là où il y en a, le recours aux heures supplémentaires pourrait se faire au détriment des embauches... François Fillon demande du temps pour juger de l'efficacité de la mesure. Or, du temps, il n'en a pas tant que ça avant les élections de mars prochain, et Pierre Méhaignerie parle déjà de faire voter une nouvelle loi pour accélérer les accords sur les heures supplémentaires dans les entreprises. En voilà un - parmi beaucoup d'autres au sein même de la majorité - qui ne croit pas au miracle."

LE COURRIER PICARD
Didier Louis

"Les heures supplémentaires constituent le principal mode de soutien au pouvoir d'achat, après le choix de revaloriser le smic sans coup de pouce. Elles seront le juge de paix des municipales et, si elles engendrent plus de frustrations que de satisfactions, la sanction tombera : le paquet fiscal se transformera en fardeau électoral. Déjà, le président de la commission des finances du Sénat résume ses craintes que le dispositif tourne à "l'usine à gaz". Crainte, à droite, qu'il soit inaccessible à certains salariés soucieux d'arrondir leurs fins de mois. Crainte, à gauche et chez les syndicats, qu'il ouvre la porte à la remise en cause d'accords chèrement négociés et se substitue aux hausses de salaires. Mais, ne l'oublions pas, la balle est dans le camp des employeurs."

LE PROGRES
Francis Brochet

"Travailler plus pour gagner plus". C'est sur cette promesse, plus qu'aucune autre, que Nicolas Sarkozy a été élu président. Ce lundi, le slogan devient réalité, sous la forme d'heures supplémentaires détaxées et nettes d'impôts. L'étonnant est qu'il y a dix ans, les mêmes Français avaient élu les 35 heures et souhaité "travailler moins pour gagner autant". Ils y restent d'ailleurs attachés, aux 35 heures - la meilleure preuve étant que Nicolas Sarkozy, comme avant lui Jacques Chirac, n'a pas osé les supprimer. Le résultat est cocasse: les entreprises bénéficient désormais d'allègements de charges pour travailler plus, et d'allègements de charges pour travailler moins ! L'essentiel est que tout le monde s'y retrouve, ce qui ne paraît pas gagné... L'essentiel est surtout que nos millions de chômeurs puissent enfin travailler. Plus ou moins, peu importe, mais travailler, pour vivre mieux."

LE MIDI LIBRE

Michel Noblecourt

"Les slogans, c'est magique durant une campagne, mais plus difficile ensuite de produire des résultats. L'augmentation du volume des heures supplémentaires ne se décrète pas. Il ne suffit pas que les salariés les demandent pour pouvoir en faire. Elles dépendent totalement des carnets de commande des entreprises. Or, celles-ci, dans un contexte morose, avec une croissance atone qui ne sera pas de plus de 1,8 % cette année et un euro trop fort, ne sont portées ni à investir ni à exporter ni à augmenter les salaires. Aujourd'hui, les conditions ne sont pas réunies pour que le slogan ait les effets magiques que M. Sarkozy, le temps d'une campagne, a fait miroiter."

Publié dans Articles de presse

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