Grenelle.... Bravo Borloo, bravo Sarko !

Publié le par citoyen 52


Quand les politiques font du bon boulot, autant le dire… En 1968, les accords de Grenelle avaient consacrés la représentativité des syndicats dans les négociations professionnelles. Le Grenelle de 2007, si les députés le confirment, devrait permettre aux ONG de s’imposer enfin comme des partenaires officiels.

Après avoir traversé une période plutôt morose, illustrée par une bronca des députés UMP et une baisse dans les sondages, Nicolas Sarkozy a sorti, un temps, la tête du trou noir. Jeudi 25 octobre, le chef de l’Etat a clos le Grenelle de l’Environnement par un beau discours, clair et précis avec la présentation de ses principales mesures destinées à lancer une “révolution verte”. Le Grenelle est arrivé à son terme avec des conclusions concrètes. Il a ainsi gagné la satisfaction des politiques et des ONG impliqués dans cette rencontre, avec quelques bémols sur le nucléaire et les pesticides. Le Chef de l’Etat s’exprimait au Palais de l’Elysée devant le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le vice président Albert Gore et la Kényane Wangari Maathaï, Prix Nobel 2007 et 2004, ainsi que les ministres et les principales associations concernées.

Nicolas Sarkozy souhaite faire de la France un pays exemplaire en matière de développement durable. “Je veux que le Grenelle soit l’acte fondateur d’une nouvelle politique, d’un New Deal écologique en France, en Europe, dans le monde.” a t-il déclaré.

Dans son discours, le chef de l’Etat a affirmé qu’il souhaitait que les ONG environnementales prennent une place dans les institutions comme le Conseil économique et social, ce qui est une grande victoire des associations, comme ce fut le cas en 1968 pour les Syndicats.

” Nous ne pouvons plus définir les politiques en ignorant le défi climatique et la destruction des conditions de notre survie” a t-il souligné. Les décisions publiques devront donc être arbitrées en intégrant leur coût pour le climat et la biodiversité, ainsi que leur coût en carbonne. Par ailleurs en terme de charge de preuve, ce sera désormais aux projets non écologiques de prouver leur intérêt et non pas les projets écologiques.

Au sujet des OGM, il ne veux pas se mettre en contradiction avec l’Union européenne, mais souhaite suspendre la culture commerciale des OGM, dans le respect du principe de précaution. Néanmoins il n’exclut pas la recherche sur les OGM dit “d’avenir”. ” Ils sont un immense espoir. Peut-être le seul pour nourrir la planète demain” a-t-il souligné, mais en précisant qu’il demeuraient plusieurs “soupçons” sur ces organismes génétiquement modifiés. Le leader alter mondialiste José Bové a salué les conclusions du Grenelle sur les OGM, en affirmant que “les propos du Président de la république allait dans le bon sens.”

Pour répondre à une demande forte du Grenelle de l’Environnement, le chef de l’Etat veut créer un “droit à la Transparence totale des informations environnementales et de l’expertise”. “Les Français ont le droit de connaître la vérité sur les menaces d’aujourd’hui et de demain. Toutes les données seront communicables, y compris dans le domaine du nucléaire et des OGM. Les seules limites concerneront la sécurité nationale, les secrets industriels et… la vie privée” a lâché le président avec malice.

Sur la question de la limitation de l’usage des pesticides dans l’agriculture, Le président de la République a demandé au ministre de l’agriculture, Michel Barnier, “de proposer avant un an, un plan pour réduire de 50 % l’usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, sous réserve d’une élaboration de substances de substitution, dans les dix ans qui viennent. Le “sous réserve” a fait grincer plus d’une dent dans les rangs des associations qui affirment que les solutions de substitutions éxistent déjà, et qu’il est déjà bien tard.

En terme de nucléaire, Nicolas Sarkozy n’a pas répété, comme lors de sa camapgne que “le nucléaire était l’énergie de l’avenir”, mais il a confirmé qu’il ne renoncerait pas à ce type d’énergie, en affirmant toutefois qu’il n’y aurait “pas de création de nouveaux sites”. Il désire améliorer de 20% l’efficacité énergétique de la France d’ici 2020 et vise un objectif de plus de 95% d’énergie électrique, donc sans carbone et sans effet sur notre climat.

Concernant les déchets, il souhaite que la priorité soit donnée au recyclage afin de réduire les incinérations et ne s’opposera donc pas à la taxation des déchets inutiles comme le suremballage. Sur le débat de la responsabilité, Nicolas Sarkozy souhaite que « celui qui pollue, doit être comptable de ses actes même des années plus tard si un drame survient. »

En matière de transport, sa politique d’investissement sera ciblée sur les transports urbains, le train et le bateau. En taxant le passage des poids lourds sur notre territoire, il espère ainsi faire baisser d’ici 2020, de 2 millions le nombre de camions qui traversent la France du nord au sud.

Le Président de la République a annoncé un programme de recherche doté d’un milliard d’euros sur quatre ans pour les énergies et les moteurs du futur, la biodiversité et la santé environnementale.”Là où nous dépensons un euro pour la recherche nucléaire, nous dépenserons également un euro pour la recherche sur les technologies propres et sur la prévention des atteintes à l’environnement”, a-t-il déclaré.

Outre les pesticides et le nucléaire, les ONG ont signalés un désaccord avec le président concernant les biocarburants. Avec l’annonce de Nicolas Sarkozy qu’il ne reviendrait «sur les engagements pris», à savoir les millions d’hectares d’agréments attribués aux agriculteurs dans le cadre du plan Raffarin de 2004.

Dans un communiqué Ségolène Royal a observé que plusieurs annonces de décisions faites à l’issue de ce Grenelle de l’environnement sont la reprise de propositions qu’elle avait faites pendant la campagne présidentielle et qu’elle ne pouvait donc que s’en féliciter. « J’attends désormais, comme les Français et les participants de ce Grenelle, que les annonces de Nicolas Sarkozy se traduisent par des actes, et que c’est sur ces actes que devra être jugé, au final, ce Grenelle » a-t-elle déclaré.

John Paul Lepers, Caroline Genestier, Matthieu Martin et Anthony Santoro

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