En recul dans les sondages, Sarkozy orchestre son retour sur le "terrain

Publié le par citoyen 52

08-01-21-fillon-sarkozy.jpgPARIS (AFP) — Pour remonter la pente après des sondages préoccupants, Nicolas Sarkozy s'efforce de faire oublier les flottements sur le pouvoir d'achat et la frénésie "people" autour de sa liaison avec Carla Bruni, en revenant aux "fondamentaux" et au "terrain".

Un sondage OpinionWay pour Métro publié lundi confirme le fort repli du chef de l'Etat et une cote désormais majoritairement négative, avec seulement 48% de satisfaits (-7), contre 51% de mécontents (+8).

De surcroît, pour la première fois depuis son installation à l'Elysée, il est dépassé par son Premier ministre François Fillon, avec 47% d'opinions favorables (-5) contre 50% (+1) pour le chef du gouvernement, selon le baromètre Ifop pour le Journal du Dimanche.

Alors que le PS pointe un "trou d'air" (François Hollande) ou "l'impression d'une fin de règne" (Ségolène Royal) pour cause de "promesses non tenues" sur le pouvoir d'achat, l'entourage de Nicolas Sarkozy dément tout "désaveu". Mais se résout à une forme d'autocritique.

Interrogé par l'AFP, son conseiller politique, Dominique Paillé, reconnaît ainsi chez les Français "une certaine impatience à voir les résultats des réformes".

Surtout, il évoque "la volonté de signifier à Nicolas Sarkozy qu'il ne faut pas qu'il s'éloigne de nos concitoyens et qu'on l'a élu pour qu'il travaille".

Manière d'admettre que l'affichage de sa vie privée et spécialement de son idylle avec la chanteuse et ex-mannequin Carla Bruni, sur fond de rumeurs de mariage, a brouillé l'image et le message du chef de l'Etat.

Les élus UMP ne se sont d'ailleurs pas privés de tirer la sonnette d'alarme, décrivant à l'envi depuis plusieurs jours des sympathisants "exaspérés", en particulier parmi les personnes âgées.

De ce "léger recul" dans l'opinion, "le président a immédiatement tiré les conclusions", assure M. Paillé. "Il est à nouveau sur le terrain et il prend tous les problèmes des Français à bras-le-corps".

"Après une phase people, on va en revenir aux fondamentaux, c'est-à-dire à l'action politique", promettait déjà le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, dans un entretien au JDD.

Après la longue séquence des voeux et son protocole contraint, Nicolas Sarkozy a repris ses "visites de terrain" avec un déplacement vendredi à Sens (Yonne) sur le thème de la croissance. Les "heures sup" défiscalisées, "ça marche!", a-t-il martelé, entre bains de foule et réunion avec des professionnels. Et d'insister: "J'aime le terrain".

Le lendemain, direction Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) auprès de marins-pêcheurs, pour réclamer un assouplissement des quotas fixés par l'Union européenne.

Et avant son départ à la fin de la semaine pour une visite d'Etat en Inde, le président de la République s'est encore préparé un agenda chargé, sous le signe de la sécurité.

Lundi en fin de journée, l'ancien ministre de l'Intérieur devait se rendre dans un commissariat de police en banlieue. Mardi, il sera à Bordeaux et Pau à la rencontre des forces de l'ordre.

Au palais présidentiel, on écarte en tout cas l'idée que le chef de l'Etat, dont l'"omniprésence" est souvent critiquée, et parfois appréhendée par ses partisans même, puisse se faire plus rare.

"Bien sûr, glisse un proche, le gouvernement est là pour expliquer sa politique. Mais les études montrent que c'est d'abord au président de faire ce travail d'éclairage car, aux yeux de l'opinion, c'est lui le principal acteur".

Publié dans Flash

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