Ségolène Royal passe à l'offensive

Publié le par citoyen 52

Candidate à la direction du parti socialiste, Ségolène Royal a rassemblé un millier de ses partisans à Paris, pour présenter sa contribution au prochain congrès.

On la disait en perte de vitesse, ayant perdu le bénéfice de son statut d'ex-candidate à la présidentielle. On la voyait isolée alors que certains de ses soutiens ont pris leurs distances. Ségolène Royal se devait de frapper un grand coup pour rebondir. Mais sa stratégie - prendre le parti en 2008 pour viser l'Élysée en 2012 - présentait l'inconvénient de la banaliser dans le rituel qui mène au congrès de Reims. D'autant plus qu'il y a du monde sur les rangs : une dizaine de contributions déposées.

 Un millier de supporters

Pour reprendre la main, restait à transformer le passage obligé de la contribution en événement. C'est ce qu'a tenté Ségolène Royal, hier, à la Maison de la Chimie, à Paris. Elle y a rassemblé environ un millier de ses supporters, notamment issus des réseaux Désirs d'avenir, et quelques grosses pointures du parti socialiste, comme François Rebsamen, Jean-Louis Bianco, David Assouline ou Vincent Peillon. Une ambiance survoltée, et une manifestation festive, ouverte sur des personnalités de la société civile.

Dans son discours, la présidente de Poitou-Charentes a choisi d'apparaître comme la plus combative contre la politique de Nicolas Sarkozy. Son texte, « Combattre et proposer », construit selon la formule participative, avec 3 000 contributeurs, dénonce « les dégâts de la droite », le « système prédateur de Nicolas Sarkozy, opposant la France des Falcon à celle des salariés au pouvoir d'achat confisqué. » Elle fustige celui « qui avait promis la rupture, alors que la France connaît aujourd'hui une grave déchirure ». Un des sept chapitres, des sept « piliers », de sa contribution, invite à « combattre la mainmise du clan Sarkozy sur la France ».

Le texte propose quatre « révolutions » : « L'économie au service de l'homme, la révolution écologique, l'État préventif et la révolution démocratique jusqu'au bout. » Avec une révolution fiscale à la clé : fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, prélèvement à la source, suppression des niches fiscales, redéploiement du paquet fiscal. La candidate à la direction du PS prône également le mandat unique pour les parlementaires et appelle à « repenser sans tabou » la sécurité sociale et à « bâtir un système de retraites transparent ».

 Rassembleuse et consensuelle

 Donnant, au passage, un clin d'oeil appuyé en direction de barons locaux comme Gérard Collomb ou Jean-Noël Guerini et de leur contribution « très utile, respectable et de qualité », Ségolène Royal s'est voulue rassembleuse et consensuelle à l'intérieur du parti. Elle s'est interdite de verser dans la guéguerre des chefs : « Vous n'entendrez de ma bouche aucune chose désagréable, polémique, aucune petite phrase. » En revanche, elle est restée discrète sur d'éventuelles futures alliances du PS avec d'autres forces. Se contentant d'appeler « les déçus du Sarkozysme, tous les démocrates » à la rejoindre, et de citer Engels, un des pères du communisme. Un signe, peut-être, en direction du nouveau parti anticapitaliste en train de se construire ce week-end.

 

L'appartement de Ségolène Royal visité. Vendredi soir, Ségolène Royal a découvert son appartement sens dessus-dessous, à Boulogne-Billancourt. L'enquête a été confiée au SRPJ des Hauts-de-Seine.

Publié dans Articles de presse

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