Smic et 35 heures
NOUVELOBS.COM | 21.06.2007 | 07:26
Ségolène Royal a indiqué mercredi que le Smic à 1.500 euros brut dans cinq ans, "une idée phare de Laurent Fabius" et la généralisation des 35 heures, deux idées contenues dans le projet socialiste, n'étaient "pas du tout crédibles".
Ségolène Royal à Argenteuil (AP)
"Moi-même j'avais un doute là-dessus", a expliqué l'ancienne candidate socialiste. Durant la campagne, elle s'était engagée à porter le Smic à 1.500 euros brut en cinq ans et s'était montrée évasive sur la question des 35 heures, la renvoyant à la négociation sociale sans jamais s'opposer ouvertement à leur généralisation, prévue dans le projet du PS.
"Tout revoir de fond en comble"
Elle a expliqué avoir défendu ces mesures "par cohérence avec le projet socialiste".
"Le Smic à 1.500 euros était une idée phare de Laurent Fabius", a noté Ségolène Royal lors de l'émission "Questions d'info" pour LCP-Le Monde-France Info qui devait être diffusée dans la soirée sur la chaîne parlementaire, renvoyant ainsi la balle à l'ancien Premier ministre.
A trois jours d'un conseil national capital sur la refondation du PS, Ségolène Royal, qui ne cache plus son ambition de s'emparer de la tête du parti, a sonné la charge. "Il faut tout revoir de fond en comble", a-t-elle tonné. Prenant les militants à témoin, elle a préconisé qu'un référendum interne soit organisé au PS -ses partisans le voudraient avant l'été.
"Redonner la parole aux militants
"Je suis favorable à ce que les militants soient le plus rapidement possible appelés à trancher une ligne et des priorités politiques", sinon "il y a un risque d'inertie" et "dans l'absence de mouvement on s'étiole", a-t-elle averti.
"Ce dont j'ai souffert lors de l'élection présidentielle, c'est le déficit de clarification du projet politique", a souligné la candidate défaite. Par ailleurs, "j'ai une vision des alliances politiques et en particulier du travail qu'il faut faire avec le centre gauche" qui "n'est pas forcément le choix de tous les socialistes".
Dès lors, "il faut redonner la parole aux militants", a-t-elle plaidé. "Je veux être la garante de la démocratie interne dans le Parti socialiste. C'est aux militants de trancher les choix et la ligne politique" et "plus les militants auront la parole tôt, plus le Parti socialiste pourra se remettre en mouvement et se réformer". "Il faut qu'il se passe quelque chose rapidement".
"Une question de rapidité, pas de calendrier"
Samedi, "le conseil national va trancher sur un calendrier" pour la date du congrès et de la désignation du candidat pour la présidentielle de 2012. "Je ne vais pas faire un conflit sur un calendrier, mais je pense qu'il aurait été meilleur d'aller plus vite pour trancher une ligne politique", a-t-elle précisé, laissant entendre qu'elle n'irait pas au conflit avec le Premier secrétaire François Hollande.
"Ce n'est pas une question de calendrier, mais c'est une question de rapidité, d'une mise en mouvement, d'une remise en cause d'un certain nombre de dogmes du passé", a conclu Ségolène Royal. AP
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