Quelques jours de congés !

Publié le par citoyen 52

487021018-0261691138.jpgCa y est , je suis en congés !! Avant de partir quelques jours, je vous fait par d' un extrait du dernier livre que je viens de terminer :

"Ségolène Royal - Les coulisses d'une défaite."


Je vous le conseille fortement car il met bien en évidence le déroulement de la campagne présidentielle et analyse avec parcimonie les coulisses de la défaite de Ségolène.  En voici quelques extraits :


Elle vient de recevoir dans son bureau de l'Assemblée Nationale les deux journalistes Christine Courcol et Thierry Masure  pour un entretien exclusif :

"Elle raconte la campagne, la lourdeur de l'appareil du parti sans lequel, dit -elle, on ne peut pourtant imaginer gagner une élection. Elle décrit la petite équipe d'amateurs joyeux et pleins d'allant qui l'a entourée. "Une PME." Et en face, des socialistes "stresés, angoissés", un campagne "ankylosée" pendant les deux mois suivant  la désignation. "Moi, j'aime bien travailler dans la bonne humeur. Ce n'était pas ça !".

Elle pouffe en racontant une anecdocte. Nathalie Rastouin, une des ses plus proche conseillères, se rend un jour à la réunion hebdomadaire pour faire le point sur la campagne avec une kyrielle de responsables socialistes. Ces réunions du mardi, raconte-t-elle, suaient l'ennui. Nathalie Rastoin leur explique : "Vous avez une responsabilité. Il faut que tout le monde dise du bien de la condidate, fasse bloc derrière elle." Ségolène Royal ose une image : "Ca aurait dû être la candidate sur son cheval et les fantassins derrière, qu'lle n'ait pas besoin de se retourner sans cesse pour voir comment ça suivait !" Mais l'intervention de Nathalie ne sert à rien : "Ca n'a pas marché."

Est-il vrai qu'elle daignait à peine ouvrir les notes rédigées par les spécialistes du parti ? Que celles-ci s'entassaient dans les placards du "2.8.2" ? Elle hausse les épaules et pointe de gros dossiers alignés sur une étagère. "Il n'y avait pas de groupe de préparation des discours. Par exemple, j'ai reçu trois cents pages de notes sur un débat économique : que pouvais-je en faire ? "

D'un air mutin, elle raconte les initiatives mal accueillies. Par exemple, lorsqu'elle a décidé d'utiliser les services su député Didier Migaud et de Dominique Strauss-Kahn pour un rapport sur les finances publiques et la fiscalité, ou ceux de Bruno Rebelle comme conseiller à l'environnement. "C'est tout juste si je n'avais pas déclenché une guerre civile !".Ces initiatives ne plaisaient pas à François Hollande, laisse-t-elle entendre. Celle qu'on dit autoritaire vante au contraire sa flexibilité. "J'écoute, j'ai des antennes. Je suis très souple. Je suis dans l'autocritique, je tiens compte de ce qu'on me dit. je fonctionne simplement."

Elle regrette même d'avoir fait trop de concessions . Par exemple le 14 janvier, jour de l'intronisation de Nicolas Sarkozy, où elle rencontre des paysans dans le Poitou et se fait filmer en train de dorloter un agneau. "Je voulais faire un contre-meeting, mais le PS me l'a refusé. François Hollande a dit non. Il était sans doute sincère, d'ailleurs. Il m'a dit : "Ca ne sert à rien, c'est le jour de Sarkozy". J'ai écouté, je me suis laissée convaincre. Mais il aurait fallu être dans la bataille tout de suite, dans la contre-offensice !"

En revanche, elle n'a pas cédé pour faire son meeting du 1er mai au stade Charlety et non au Palais Omnisport de Bercy. "Tous, tous, ils étaient persuadés que je n'arriverais pas à remplir le stade. Je l'ai imposé en tapant du poing sur la table. Et vous avez vu ? Personne, pas même Mittérrand, n'a eu la brochette d'artistes que j'ai eue. !Elle est ravie.

Elle se reproche aussi d'avoir accepté le format des télévisions. "Je voulias un débat à l'américaine ou à l'allemande, où l'on est debout, où l'on peut se parler, où il n'y a pas de confrontation face à face. Mais j'ai accepté."

Et encore : "J'aurais dû faire les points de presse moi-même, réagir moi-même. Et puis je n'ai pas été assez offensive pour que Sarkozy quitte le ministère de l'Intérieur. Il avait tous les moyens du ministère, alors que moi, j'étais avec ma PME. J'aurais dû boycotter les télés pour imposer son départ, leur dire : "Je ne viens plus à l'antenne tant qu'il est ministre."

Elle déplore enfin que les socialistes n'aient pas organisé la riposte lorsque Eric Besson l'a mise en cause. "Personne n'a  frappé. Ni DSK ni Fabius ne sont montés au créneau."

Le soir, sur le petit écran, elle clôt la série des spots de campagne. "J'entends dire ici ou là que certains seraient découragés. Est-ce que je le suis, moi, découragée ? Non !" Elle rit. Elle est déjà dans la campagne suivante.
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Publié dans Point de vue

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