Interpellation de militants anti-OGM à Beaufort-en-Vallée

Publié le par citoyen 52

Logo-courrier-ouest.jpgExtrait d'un article paru dans le Courrier de l'Ouest le 19 septembre 2007 :

Hier matin, huit militants anti OGM soupçonnés d'avoir participé à la destruction de deux parcelles de maïs transgénique, dans la nuit du 7 au 8 septembre à Charcé-St-Ellier-sur-Aubance, ont été interpellés en Maine et Loire et en Loire Atlantique. Deux d'entre-eux, apiculteurs à Gée, ont été placés en garde à vue à la gendarmerie de Beaufort-en-Vallée, dont ils sont ressortis en fin d'après-midi.

A leur libération, un groupe d'une vingtaine de militants s'est rendu à pied à la mairie en scandant : 
"OGM, les élus sont responsables"
Un acte symbolique visant à "faire réagir" le député-maire Jean-Charles TAUGOURDEAU qui, ne se trouvait pas à l'hôtel de Ville hier soir.

Il est 7 heures 15. Les gendarmes se présentent chez Denis Benoît, apiculteur à Gée, militant anti-OGM. Il a fait constaté par huissier, le mois dernier, qu'il y a des traces d'ADN de maïs OGM dans le pollen des ruches proches d'un champ expérimental. Il est interpellé et conduit à la brigade territoriale de gendarmerie de Beaufort-en-Vallée, où on lui signifie sa mise en garde à vue.

On le soupçonne d'avoir participé à l'opération de piétinement de 11 à 12 hectares de maïs transgénique, sur deux parcelles d'un total de 20 hectares, à Charcé-St-Ellier-sur-Aubance.

Trente personnes recherchées

9 heures : les gendarmes reviennent à Gée et emmène sa compagne, Sylvie Poulain. Même motif. Même chef d'inculpation : "destruction en réunion". Ils encourent cinq ans d'emprisonnement. 

"On n'est pas des criminels"

Il s'agit de pouvoir présenter au juge les auteurs des faits, car le préjudice est estimé à 100 000 €. La coopérative agricole Terrena et l'agriculteur concerné ont déposé plainte. 

"C'est une somme énorme",
s'indignent les militants anti-OGM. Elle correspond à une année d'expérimentation de maïs transgénique. Aucun des quatre Angevins n'a été mis en examen. 
Ils n'ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés. Mais ils ont exprimé leur solidarité avec les faucheurs volontaires. Ils ont été remis en liberté vers 17 heures hier.

"J'avais emporté au cacho mon pain et mes pommes bio"

Faucheurs volontaires d'OGM, Confédération paysanne, Groupement des agricuteurs biologiques de l'Anjou, membres du collectif  "Nos campagnes sans OGM", responsables des Verts...Il y a 70 militants devant la gendarmerie de Beaufort -en-Vallée. 
Ils ne lésinent pas sur les décibels pour assourdir la maréchaussée avec force percussions métalliques. 

"C'est une désobéissance civique",
explique Paul Buret, retraité à Angers. 
"C"est une vraie rafle. On se demande pourquoi ceux-là ont été arrêtés, alors que ceux qui ont pollué les abeilles ne l'ont pas été", lâche Monique Josse, plasticienne à Charcé. 
"100 000 €  pour 11 hectares, c'est plus cher qu'un hectare de bonnezeau",
 constate Bruno Rochard, vigneron à Rablay-sur-Layon.

Les tambours se tairent. Sylvie Poulain sort de la gendarmerie sous les applaudissements.

"Pour moi, ce n'est pas un délit"

"Les faucheurs fauchent parce que les élus ne prennent pas leurs responsabilités. En voulant rester neutres, et en ne faisant rien, ils prennent le parti des OGM." 
Elle dit avoir été bien traitée. Elle a juste refusé le repas qu'on lui a donné le midi.
 "J'ai préféré le sandwich que mes amis m'ont fait passer par la fenêtre". 
Son compagnon Denis Benoît sort peu après. 
"Pour moi, ce n'est pas un délit que de préserver la santé humaine en neutralisant ces parcelles", proclame-t-il sur le perron de la brigade. Lui non plus n'a pas goûté à la soupe de la gendarmerie. 
"J'avais emporté mon pain biologique et mes pommes bio". 
De peur qu'on lui fasse manger des produits génétiquement modifiés.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article