Heures supplémentaires et croissance ?!!

Publié le par citoyen 52

29009heures1.jpgLes heures sup ne feront pas de croissance sup !

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Les mesures d'exonérations partielles des heures supplémentaires auront-elles un réel impact sur l'économie ?


Depuis hier le slogan « travailler plus pour gagner plus » se traduit en mesures concrètes pour les entreprises.L'idée était de donner plus de pouvoir d'achat aux salariés, en baissant les charges sociales sur les heures supplémentaires, et en exonérant ces mêmes heures supplémentaires d'impôt sur le revenu.

Ça coûte très chers : 6,6 milliards d'euros. Comment on procède ? On distingue les petites entreprises, moins de vingt salariés, et les autres.Pour les petites, celles qui ont en général les salariés les moins qualifiés, en particulier les entreprises du BTP, on enlève 1,5 euro par heure supplémentaire. Pour les autres, celles qui ont plus de 20 salariés, on ôte seulement 0,5 euro par heure supplémentaire. Mais attention : toutes les heures supplémentaires sont désormais majorées de 25%. Autrefois, les entreprises de moins de 20 salariés, les petites donc, ne majoraient les salaires que de 10%.

Les entreprises perdent donc d'un côté ce qu'elles gagnent de l'autre. D'autant qu'il faut savoir que sur les 900 millions d'heures supplémentaires travaillées en France, 75% sont ouvrées dans ces petites entreprises. Question : verra-t-on le contingent d'heures supplémentaires augmenter ? Certes, ceux qui en font déjà vont gagner plus d'argent. Mais l'intérêt est d'inciter les autres salariés à en faire également. Or le gouvernement n'a pas de chance : ses mesures coïncident avec une conjoncture basse. Pas d'investissement, pas de croissance, et un commerce extérieur qui ne repart pas. Les entreprises vont-elles proposer des heures supplémentaires ? On peut craindre que non.

Voilà la limite d'une politique quantitative du travail. Ne vaudrait-il pas mieux travailler mieux que travailler plus ?

Le travail peu qualifié, qui sera favorisé, risque d'être compensé par des pertes d'emplois du côté des intérimaires ou des travailleurs à temps partiel, que les chefs d'entreprise remplaceront par des heures supplémentaires faites en interne. Dernier risque, celui des fraudes : certains chefs d'entreprises peuvent êtres tentés de faire financer par les pouvoirs publics des hausses de salaire par des heures supplémentaires fictives.

Au total, l'impact de ces mesures sur l'activité économique sera très limité. Parce que le gouvernement compte évidemment sur ce gain de pouvoir d'achat pour relancer la croissance.

---------
Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
Publicité

Publié dans Articles de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article