"Ce que j'ai appris de la politique..."
Témoignage de Ségolène dans "L'hebdo des socialistes" du samedi 29 septembre.
"Fortifier un socialisme participatif"
J'ai adhéré au Parti socialiste en 1978, cela fera bientôt... 30 ans. Je suis venue au socialisme par le féminisme. Très tôt, j'ai su la vie dont je ne voulais pas : celle assignée aux femmes par la tradition. Très tôt, j'ai su que l'école peut permettre d'échapper à un destin tracé d'avance. Peu à peu, j'ai compris que toutes les oppressions et toutes les injustices se tiennent. Dans le socialisme, j'ai trouvé l'explication cohérente de mes révoltes éparses, un horizon plus large, le sens de l'action collective.
Tout, alors, portait à l'optimissme historique. En 1974, j'avais 20 ans, le candidat de la gauche, avec près de 13 millions de voix, avait échoué de peu et trempé sa détermination dans ce bel acquis. La même année, lors des Assises du socialisme, les socialistes s'étaient rassemblés, amplifiant la dynamique d'Epinay. Les municipales de 1977 attestaient la progression de la gauche dans le pays. En phase avec leur époque, actifs dans les mouvements sociaux qui posaient des idées neuves, les socialistes sentaient venir la fin d'un long exil dans l'opposition. C'étaient des années bouillonnantes, inventives, créatives.
Nous avons connu l'allégresse des victoires et l'amertume des défaites. L'usure et le dépassement de nos manières de penser et de faire. Aujourd'hui, revoilà notre parti obligé de s'inventer à nouveau s'il veut porter demain les espoirs d'une majorité de Français. le temps n'est plus des clientèles captives et des allégeances dociles.
Pour moi, le coeur battant du socialisme, c'est le refus de l'injustice héréditaire, de l'argent roi et des insécurités de toute nature. C'est donner à chacun les moyens de réussir sa vie. A nous de fortifier un socialisme participatif et une gauche de l'efficacité, aux couleurs de notre siècle, et d'être capable de répondre tant aux défis du monde qu'aux conditions de vie quotidienne.