Pour l'Europe : changeons de cap !

Publié le par citoyen 52

YannickVaugrenard.jpgAu second trimestre 2008, la France va présider pendant six mois aux destinées de l'Europe. D'ici là, asseoir une crédibilité pour être plus et mieux écouté ne peut plus nuire. Or, les chemins empruntés depuis mai 2007 par Nicolas Sarkozy ne vont pas malheureusement pas dans cette direction.

En Europe, le sarko-show permanent agace plus qu'il ne séduit. S'accaparer personnellement le bénéfice d'efforts collectifs a beaucoup irrité, qu'il s'agisse du Traité modifié ou des infirmières bulgares. Certains médias français se prêtent volontiers à quelque mise en scène, mais nos partenaires européens ne sont pas dupes des scènarii et jugent très sévèrement une complaisance qui va jusqu'à confondre Paris-Match et Pravda-Match.

En fait, nous Français, serons jugés sur pièce, sur la réalité de notre situation économique et financière, pas sur les effets de manche ou les coups de menton qui ne font peur à personne, mais font beaucoup sourire. Par contre, le tango permanent de notre diplomatie étrangère, sur des sujets essentiels ne cesse d'inquiéter et contribue à ternir un peu plus l'image et la place de la France en Europe et dans le monde.

La politique du TOUT, voire du COUP communicant est perçue comme l'alpha et l'oméga de la politique française : occuper le terrain,telle est l'obsession. Vibrionner sur tout, telle est la règle. Un fait divers entraîne un projet de loi, un drame médiatisé, le déplacement du Président compassion en poche. Mais, toute cette "agit-prop" ne résistera ni à l'épreuve du temps, ni à l'épreuve des faits.

Ce que nos partenaires européens attendent d'un pays comme la France, co-fondateur de l'Europe, c'est d'abord qu'il respecte les règles communes, délibérées et décidées ensemble. D'ici le 1er juillet 2008, date de la présidence française, nous devrons réduire fortement nos déficits, pour parvenir à 3% du PIB. Puis, nous devrons écouter les 26 autres pays de l'Union (à égalité de traitement) sur les sujets qui préoccupent fortement les citoyens d'Europe, qu'il s'agisse du social, de l'environnement, de la sécurité ou encore de la santé. Pour être crédible, pour être audible, il faudra tenir parole, respecter ses engagements financiers et économiques, cesser de rechercher des boucs émissaires.....

Faut-il rappeler que si l'Allemagne a un éxcédent commercial de 170 Milliards d'Euros, la France a un déficit de 30 Milliards, avec la même monnaie : l'Euro, et la même banque : la Banque Centrale Européenne ? Balayons donc devant notre porte et arrêtons d'exiger des autres ce qui ne dépend que de nous !

Nos pays voisins connaissent la situation financière globale et l'endettement particulier de la France et ils ne comprennent pas que le gouvernement actuel reporte à demain, sur les générations futures, la responsabilité du désendettement, du fait en particulier des cadeaux fiscaux aux quelques uns d'aujourd'hui.

Par ailleurs, un Premier Ministre, plus collaborateur du Président, qu'à "la tête d'un Etat en faillite", interpelle les chancelleries. Nous n'osons imaginer les conséquences de tels propos et les ondes de choc spéculatives sur le Franc, si celui-ci existait encore. Pour le coup, merci l'Euro ! Cependant, la question qui se pose désormais, est : pour combien de temps encore cette cacophonie collaborationniste ?

Dans un monde d'inquiétudes, dans une Europe qui doute mais espère de nouveaux desseins de solidarité, il est indispensable d'apporter un peu de sérénité. Force est de constater et de regretter que pour le moment la future présidence française n'a pas le profil. Espérons que d'ici juillet 2008, elle changera de cap et aura pris le temps et la mesure nécessaire pour troquer l'habit de "zorro médiatique" au profit "d'une zen attitude" plus exportable, plus responsable, plus humble et finalement plus entreprenante, ceci dans l'intérêt de l'Europe et de la France.

Yannick VAUGRENARD
Député Européen
1er Vice-Président de la Région des Pays de la Loire.  

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