Le camp Royal fait front

Publié le par citoyen 52

Après les violentes critiques de Michel Rocard contre Ségolène Royal visant à lui barrer l’accès à la tête du PS, les partisans de l’ex-candidate à l’Elysée contre-attaquent.
Et l’intéressée poursuit son tour de France des candidats socialistes.
Eric Hacquemand avec Marie Marty à Strasbourg - Le Parisien - 16/01/2008
 
LA « ZEN » ATTITUDE.
Hier, à Strasbourg (Bas-Rhin) où elle est venue soutenir la tête de liste socialiste aux élections municipales Alain Ries, Ségolène Royal veut faire preuve de sagesse. Pas question de répondre aux attaques de l’ancien Premier ministre Michel Rocard à son encontre. Soignant son image de rassembleuse, la présidente de Poitou-Charentes préfère comme à son habitude botter en touche quand elle est directement attaquée. Et pourtant : quelle charge !
Sous le titre évocateur « Halte au meurtre », le « papy flingueur » du PS signe une tribune au vitriol dans l’édition de « Libération » d’hier. Morceaux choisis : « Choisir son prochain premier secrétaire en pensant choisir du même coup son candidat présidentiel, c’est offrir un surcroît de chances à Ségolène Royal. Or le problème est que cette candidate avenante et charismatique n’a à l’évidence pas les capacités nécessaires aux responsabilités qu’elle postule. » Plus loin, Rocard assène : « elle représente une certitude de défaite, au prix en plus d’une très grave crise dans le parti.
» Violent mais pas si surprenant.
« C’est insupportable ! »
Durant la primaire socialiste, Rocard a affiché à maintes occasions sa préférence pour Dominique Strauss-Kahn.
Plus tard, en mars 2007, en pleine campagne, convaincu qu’« il n’y avait plus rien à faire », qu’« elle était fichue », le député européen a même demandé personnellement à la candidate de se désister en sa faveur. Bref, pour Rocard comme pour deux autres anciens Premiers ministres socialistes, Laurent Fabius et Lionel Jospin, Royal ne ferait pas l’affaire. Ni hier, ni aujourd’hui, ni demain. D’où cet appel qui ne dit pas son nom à la résurgence du « Tout sauf Ségolène » en vue du prochain congrès.
Au nom d’« une politique morale, sereine, digne et stable », Royal préfère concentrer ses critiques contre Nicolas Sarkozy avec lequel elle a instauré de fait un affrontement à distance. A l’occasion des municipales, « nous devons donner un bon avertissement au président de la République (…) pour que cessent cette immoralité et cette désinvolture dans la gestion des affaires publiques » lance-t-elle, ignorant superbement l’ancien Premier ministre de Mitterrand. Mais les alliés de Royal ont été priés de monter au front. A Strasbourg, assis au fond de la salle, Vincent Peillon vitupère : « Critiquer Ségolène alors qu’on est dans l’affrontement contre la droite, c’est insupportable ! » Plus tranchant, il regrette « une déliquescence intellectuelle, morale et politique qui nous coûte cher » et appelle Rocard à « arrêter ce jeu de massacre ».
Même les militants ne goûtent guère à ce qui passe pour « un flingage ». « Ces déclarations ne nous aident pas ! Parfois, il faut savoir se taire », estime un jeune socialiste. Philippe Bies, conseiller général alsacien et colistier de Ries, est encore plus sévère : « le rôle d’un ancien est d’être un sage, pas un trublion ». A Paris, dans les couloirs de l’Assemblée, tandis que les uns observent un silence complice, la jeune garde « ségoléniste » se fait plus mordante à l’instar d’Aurélie Filippetti. La députée de Moselle sort son carton jaune : « Rocard ? Un joueur de Ligue 1 qui ne se remet pas d’avoir loupé la finale d’une Coupe du monde... »
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Publié dans Articles de presse

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