"Une branlée" annoncée
"Le rapport Attali avant les municipales, c'est comme bouffer un cassoulet avant un marathon". Un proche de l'Elysée se lamentait la semaine dernière à propos du "troisième coup" en deux mois porté par Sarkozy...à la Sarkozye.Premier coup, les promesses non tenues sur le pouvoir d'achat à l'aveu désastreux de Sarko : "Les caisses sont vides".
Deuxième coup, l'effet calamiteux sur certains électeurs, notamment les plus âgés, de la surexposition des amours Carla-Nicolas. Dernier coup, les 316 propositions de la commission Attali qui "foutent un bordel sans nom" dans le pays et mettent en ébullition certaines professions votant traditionnellement à droite (notaires, taxis, vétérinaires, etc.). Pour ne rien arranger, Sarko a dit vouloir les appliquer toutes, sauf 3.
Ce diagnostic fait la quasi-unanimité dans les rangs du gouvernement ainsi que dans ceux des parlementaires UMP : c'est l'image même du SuperSarko qui est cassée, comme en témoigne sa dégringolade dans les sondages. Le mauvais résultat des élections partielles et les critiques entendues par les candidats UMP en ce début de campagne municipale ont fini de convaincre la majoirté : le risque est rand de prendre "une branlée aux municipales", selon le mot d'un ministre.
Détail croustilleux : Jacques Attali avait d'abord proposé à Sarko de lui remettre son rapport en avril 2008, c'est à dire après les municipales. "Pas question, il faut aller beaucoup plus vite", lui avait retorqué le chef de l'Etat. C'est ainsi que la date du 23 janvier fut choisie, preuve que Sarko a perdu la main et la notion du calendrier électoral.
Aujourd'hui, du Premier ministre à l'élu UMP de base, tout le monde s'emploie à désamorcer la bombe Attali. Déjà, Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, annonce la prochaine mise en place de plusieurs commissions pour réfléchir aux propositions de l'ancien conseiller de Mittérand.
Ledit Copé parie d'ailleurs qu'après les municipales le rapport Attali "sera quasiment enterré, car Sarkozy n'aura pas la capacité politique de l'imposer".
A ce moment-là, Sarko n'aura peut-être même plus la capacité de supporter plus longtemps Copé à la tête du groupe parlementaire. Car Copé, c'est un autre genre de cassoulet.
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