Les municipales passent, Sarkozy reste discret

Publié le par citoyen 52

08-03-10-fillon-sarkozy.jpg(Source : Nouvel Obs)

Très discret pendant la campagne des municipales, Nicolas Sarkozy ne s'est pas non plus exprimé publiquement à l'issue du premier tour, que la droite juge moins catastrophique que prévu. Dès lundi matin, le président de la République a toutefois reçu plusieurs responsables de l'UMP et a annoncé qu'il se rendrait le lendemain à Toulon, pour parler immigration et intégration.

L'agenda présidentiel ne laissait augurer aucune intervention officielle dans l'entre-deux-tours, même si l'Elysée n'excluait pas que le président revienne au cours de son déplacement à Toulon mardi sur ce premier test électoral du quinquennat, particulièrement difficile.

M. Sarkozy a réservé ses premières impressions à plusieurs ténors de l'UMP reçus dans la matinée, dont le secrétaire général du parti Patrick Devedjian. Ce dernier a refusé de dévoiler le contenu des discussions, mais a jugé que les municipales et les cantonales n'étaient qu'une "petite défaite" et absolument pas une "Berezina", "une catastrophe absolue", ni "un vote-sanction". Les résultats du premier tour "sont plus équilibrés que ce qui nous avait été annoncé", avait noté dès dimanche soir le Premier ministre François Fillon.

Dans la majorité, on minimisait l'avance de la gauche et on soulignait les bons scores des ministres. Douze ont été élus dès le premier tour, dont deux dans des villes tenues jusque là par la gauche, "contrairement à 2001 où tous les ministres appartenant au PS avaient été battus dans leur tentative de conquête", a observé Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et élu au premier tour des cantonales dans le Cantal, tout comme Christian Estrosi (Outre-mer) -aussi candidat à la mairie de Nice- dans les Alpes-Maritimes. Seuls Christine Albanel et Christine Lagarde, en ballottage difficile à Paris et Xavier Darcos, qui pourrait perdre Périgueux, semblent réellement en difficulté.

Six grandes villes sont déjà perdues, dont Dieppe ou Rouen, et d'autres sont gravement menacées, comme Strasbourg ou Caen, mais l'UMP espère limiter les dégâts dimanche prochain. Patrick Devedjian se disait ainsi "optimiste" pour Marseille et Toulouse. L'UMP espère aussi profiter d'une hausse de la participation pour refaire une partie de son retard au second tour. Au final, on n'assisterait qu'à un "rééquilibrage" en faveur de la gauche, selon les mots d'Alain Marleix.

L'opposition a échoué dans sa tentative d'"exacerber les clivages politiques", a affirmé François Fillon dès dimanche, relayé par les ténors de la majorité, qui lisent tous le scrutin en fonction des enjeux locaux. "La leçon de ce premier tour, de la part du corps électoral, c'est un véritable souci de réponse à des interrogations locales", a repris M. Devedjian, pour qui le local "n'est pas la vocation du président de la république".

Reste que le président a choisi de consacrer son seul déplacement avant dimanche à l'immigration, un sujet de préoccupation particulièrement fort dans le Sud-Est, a noté le député socialiste Jean-Marie Le Guen. "Je ne veux pas faire de procès d'intention", mais c'est "un petit peu bizarre", a-t-il relevé sur LCP-Public Sénat. "Si l'objet c'est de ranimer des problèmes autour de l'immigration à travers les élections municipales (...) il ne sera pas à la hauteur de son rôle de président." AP

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Publié dans Articles de presse

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