Le budget caché, c'est l'austérité

Publié le par citoyen 52

235843288-02c8634588-o.pngEditorial de Michel SAPIN 

Au cours de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis que son "paquet fiscal" permettrait de dynamiser la croissance, d'élever les salaires, d'abaisser les prélèvements, de stabiliser les prix...
L'échec de cette politique est déjà unanimement constaté. Il prive la France de marges de manoeuvre pour 2008. 
Le budget 2008 qui est présenté au Parlement est donc un budget de paille, dont l'unique vocation est de gagner du temps. Il n'est pas viable, parce qu'il : 

- ne répond à aucune des questions fondamentales qui se posent à l'économie française : rien pour restaurer la compétitivité de nos entreprises, rien pour inverser le décrochage de l'investissement, rien en faveur du pouvoir d'achat, que ce soit pour dynamiser les salaires ou lutter contre le dérapage des prix des produits de première nécessité ;

- n'est pas sincère : l'hypothèse de croissance sur laquelle il s'appuie (2,25 %) est en décalage d'un demi-point de PIB avec le niveau avancé par l'ensemble des instituts (1,8 %). Or, moins de croissance, c'est moins de rentrées fiscales : il manquera donc probablement près de 10 milliards à l'Etat ;

- est inconséquent. La France est en effet le seul pays de l'Union Européenne à ne pas afficher de baisse des déficits. Ce choix programme la hausse de la dette ; il s'inscrit dans la continuité de ceux adoptés depuis cinq ans qui ont alourdi la dette de 1000 euros par an et par français.

Une fois les élections municipales passées, le gouvernement mettra donc en place son budget caché, qui conjuguera les hausses d'impôts et de taxes (mise en place des franchises médicales, augmentation du taux de la CRDS, TVA sociale...) à la rigueur (suppression aveugles de postes dans la fonction publique, baisse des dotations aux collectivités locales, gel de 6 % des crédits...).

La conséquence du paquet fiscal, c'est la mise en place d'un budget qui programme la baisse du pouvoir d'achat des Français, car ce sont eux qui devront, au bout du compte, payer la facture des allègements d'impôts accordés aux plus fortunés.
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Publié dans Extraits de l'Hebdo

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