Ni putes, ni soumises, mais en crise
Le mouvement « Ni putes Ni soumises » semble traverser une zone d’intenses turbulences (voir article)! Que se passe t-il ? La crise a du mal à ne pas éclater au grand jour… Le 7 novembre 2007, 1er buzz médiatique, une vingtaine de comités locaux démissionnent. Les démissionnaires insistent, elles ne contestent pas que Fadela Amara, présidente de NPNS depuis sa création en 2003, soit au gouvernement. C’est son choix ! Pourtant, c’est bien cet événement-là qui ouvre la voie à ce qui, au fil des semaines, semble être devenu une véritable fronde interne.
1 - Une vingtaine de comités démissionnent
Alors bien sûr c’est l’ouverture à gauche inventée par Sarkozy, qui, ici comme ailleurs, trouble les esprits et, in fine, provoque les déchirements. Ce qui peut ressembler à un pacte avec l’adversaire fait peur, et fracture… Le nom de Christine Boutin, ennemie jurée des féministes et ministre de tutelle de Mme Amara, est sur toutes les lèvres… Les démissionnaires ne cachent pas leurs sensibilités de gauche, mais elles refusent l’idée qu’on leur oppose, au mouvement, d’avoir pu être manipulées par quiconque, du PS ou d’ailleurs. « Comme si on ne pouvait pas penser par nous-mêmes ! ». De sorte que, sur le fond, ce qui émerge, ce sont ces questions posées. Celle de l’indépendance devenue trop problématique, celle du manque de démocratie interne (le mouvement depuis sa création n’a procédé à aucune élection…), de ‘mauvaises pratiques’ et d’un ‘manque de transparence’ conduisant les comités locaux à se vivre comme les ‘vitrines’ d’une association ‘tiroir-caisse’…
Alors tentative de putsch, de déstabilisation, fronde ou crise profonde, et implosion ?
2 - Les Insoumis-es
2ème buzz, une semaine plus tard, avec l’annonce sous la forme d’une tribune libre au quotidien « Le Monde » d’un nouveau mouvement, « les Insoumis-es ». C’est donc la scission ? Entre temps, chaque camp accuse l’autre de diffamation, d’instrumentalisation. Le dossier est difficile à constituer… La guerre des nerfs interne (mails et SMS, recommandés et coups de fils, dépêches AFP et contre dépêches de démenti) porte jusque sur le comptage des forces. Riva Gherchanoc affirme que les démissionnaires représentent la moitié des forces vives, tandis qu’à NPNS on conteste, parlant d’une presse manipulée…
Sihem Abchi, la présidente actuelle du mouvement, réfute entièrement l’idée de recevoir des directives venues du secrétariat d’Etat à la politique de la ville, et accuse les frondeuses d’avoir cherché la calomnie et le coup médiatique. Comme retournant contre l’association les armes (ce savoir-faire de professionnel en termes de communication) qui ont, depuis toujours, fait son intense succès médiatique ?
Bien sûr, les démissionnaires ne cachent pas leurs doutes, voire leur amertume, se demandant si Fadela Amara n’a pas pris goût « aux plafonds dorés ». Parce que son ascension fulgurante, jusqu’à devenir au fil des ans incontournable sur la scène politique, c’est aussi elles, à « Ni putes Ni soumises », qui l’ont faite… !
Karine Yaniv
Joseph Haley
Tristan Sala
Larbi Aarab
Anthony Santoro