Les bons conseils d'Attali

Publié le par citoyen 52

(Source Marianne2)
Pouvoir d'achat : que fera Sarkozy des bons conseils d'Attali ?

Pour le patron de la Commision pour la Libération de la Croissance Française, pas question de redonner du pouvoir d'achat aux Français tant que la compétitivité est en panne. Voilà qui n'aide pas beaucoup le Président qui doit annoncer des mesures à son retour de Chine.


Jacques Attali, interviewé dans Le Point du 22 au 28 novembre 2007.
Jacques Attali, interviewé dans Le Point du 22 au 28 novembre 2007.
Taquinerie du Point ou maladresse de celui qui joue au prophète professionnel depuis les années 1980 ? Toujours est-il que l'interview d'Attali que cet hebdomadaire publie cette semaine, titré «Nous avons trop de pouvoir d'achat» tombe bien mal, au moment précis où le Président Sarkozy, après avoir déclaré qu'il entendait devenir «le Président du pouvoir d'achat», doit annoncer cette semaine un nouveau dispositif destiné à produire le fameux «choc de confiance» toujours annoncé depuis six mois mais jamais constaté.
Or, que nous dit le bon docteur Attali, qui vient de remettre son rapport sur la croissance au Président ? Que «le pouvoir d'achat augmente trop vite» par rapport à la compétitivité du pays, qui s'est écroulée, ce déclin étant masqué par l'euro. Qu'il faut de toute urgence diminuer la dépense publique. Qu'il convient, enfin de distinguer le problème de la compétitivité de celui de la redistribution.
Manifestement, les Français qui sont à 44% préoccupés par leurs salaires selon un sondage IPSOS-Manpower-LCI-Les Echos, n'ont pas la même perception de la conjoncture que le génial stratège de Neuilly-sur-Seine. Manifestement, les pistes sur lesquelles travaillent les équipes du Président – dégrèvement de charges sociales pour le rachat des jours de RTT, primes de rachat de RTT dans la fonction publique, déblocage anticipé de la participation, défiscalisation du 13° mois – sont en parfaite contradiction avec l'esprit de rigueur de Jacques Attali : toute ces mesures coûtent de l'argent et alourdiront l'endettement du pays. En outre, comme dans le cas des 35 heures, poursuivre dans supprimer des charges consiste à faire payer par les salariés et les entreprises la relance que l'Etat n'est plus en mesure d'opérer. Mais comme ce dernier est, en dernière analyse, le garant des caisses sociales, ce type de mesures relève de la politique de l'autruche.

Dommage. Car Nicolas Sarkozy est bien en recherche de «raccourcis» pour relancer la croissance. Attali lui, croit que le pays ne fera pas l'économie d'une purge destinée à combler le déficit budgétaire et à faire baisser la dette. Et le seul raccourci qu'il propose consiste à libérer de toute contrainte la grande distribution, ce vers quoi le gouvernement ne semble pas s'orienter. Au passage, un élève simplement attentif aux préconisations du professeur Attali pourrait lui demander comment il compte rééquilibrer la répartition entre salaires et profits – qu'il semble déplorer dans l'interview du Point - en sucrant des emplois de fonctionnaires et en invitant les industriels à produire hors de France pour faire baisser les prix.
Bref, dans le cas de la commission de libération de la croissance, comme dans celui de la TVA sociale – le rapport Besson, dont plus personne ne parle - l'ouverture est sans doute une façon de pilonner l'espace médiatique : une commission, ça fait au moins deux «manchettes» de une, la première pour sa création et la seconde pour la remise du rapport. Mais pour ce qui est des solutions, le Président reste ballotté entre la chanson «barriste» de François Fillon, qui joue plus que jamais les pères la rigueur - «Je n'ai pas d'argent», a-t-il confié vendredi dernier aux journalistes qui l'accompagnaient en Suède -, et celle d'Henri Guaino qui suggère de s'affranchir des règles imposées par ces deux B – Bruxelles et Bercy – qu'il porte si peu dans son coeur. A suivre...
 

 
 

Lundi 26 Novembre 2007 - 00:20
Philippe Cohen
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Publié dans Articles de presse

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L
le prix des matières 1ères a flambé avec pour conséquence des prix en hausse pour le pain, la farine, la charcuterie : les produits de base- Pas d'augmentation des langoustes- L'essence était vendue à 1 euro en Juin, elle dépasse les 1,20 euro aujourd'hui- Les médicaments de base sont un à un déremboursés et on doit les payer de notre poche- Des patrons demandent de travailler 40h payées 35 : c'est certainement ce que le futur divorcé appelait "travailler + pour gagner +"- Et attali dit qu'on en a trop!
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