Réactions à la venue de Kadhafi en France

Publié le par citoyen 52

kadhafi.jpg(Nouvel Observateur 10 décembre)

Jean-Marc Ayrault
, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale :  "La réception du colonel Khadafi à l'Assemblée nationale est inacceptable", les députés socialistes refusent d'accueillir le chef d'Etat et "demandent solennellement au président de l'Assemblée nationale (ndlr l'UMP Bernard Accoyer) d'annuler cette réception (…) Si le colonel Kadhafi veut être invité, il doit mettre fin à son système d'exactions. Il doit cesser de promouvoir, en actes et en paroles, le terrorisme international". Il serait "inconcevable que l'Assemblée nationale cautionne de telles violations aux droits de l'homme (…) Ce serait bafouer les victimes et tous les principes démocratiques qu'incarne notre Assemblée". (Communiqué, dimanche 9 décembre)


Pierre Moscovici, (PS), président de la Commission d'enquête parlementaire sur la libération des soignants bulgares de Libye, estime que la visite du colonel Kadhafi en France "laisse un vrai malaise".
"On doit ainsi exiger de Kadhafi la démocratie à l'intérieur de son pays, le respect des droits de l'homme et une condamnation du terrorisme qui ne soit pas ambiguë ou à géométrie variable". "Cette visite, c'est l'hommage de la vertu au vice qui, au total, laisse un vrai malaise".
Pour lui, "en libérant les infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne, le colonel Kadhafi avait finalement comme objectif de venir à Paris en visite officielle".
"Entre les félicitations à Poutine, les embrassades à Chavez, l'accueil à Kadhafi, Nicolas Sarkozy se choisit de nouveaux amis bien embarrassants".

François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste : "Mouammar Kadhafi dont le régime fut longtemps un abri et un soutien pour les terroristes vient de considérer lors d'une conférence à Lisbonne vendredi qu'il est 'normal que les faibles aient recours au terrorisme'".
Pour le premier secrétaire du PS, "aucune signature de contrats commerciaux ne peut légitimer un tel aveuglement de la part de Nicolas Sarkozy".
"Accueillir Kadhafi en visite d'état, le recevoir avec égard à l'Elysée, lui assurer la gratitude de la France pour la libération d'infirmières injustement détenues en Libye, c'est fermer les yeux devant la réalité du régime Kadhafi qui s'est compromis avec le terrorisme hier et le justifie aujourd'hui". "Il n'est pas trop tard pour y renoncer", a-t-il conclu. (Communiqué, samedi 8 décembre)

Ségolène Royal,
l'ex-candidate PS à la présidentielle, s'est déclarée "profondément en désaccord" avec la prochaine visite du président libyen Mouammar Kadhafi en France, car les infirmières bulgares "ont été torturées" ce qui "ne s'est pas fait à l'insu de Kadhafi".
"Je trouve ça très choquant. On sait dans quelles conditions les infirmières ont été torturées. Ca ne s'est pas fait à l'insu de Kadhafi, la torture est pratiquée dans les prisons et je suis profondément en désaccord avec cette visite". "Je pense que ce n'est pas la tradition diplomatique de la France".
Selon elle, "ça fait quand même beaucoup. Nicolas Sarkozy qui va en Chine sans emmener la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, sans doute parce que ce mot est inconvenant en Chine, les félicitations téléphoniques à Poutine alors que les autres leaders européens s'en sont bien gardé".
(Déclarations sur Europe 1, mercredi 5 décembre)

- L'ex-candidate socialiste à la présidentielle a jugé "tout simplement odieux, très choquant, même inadmissible que la France aille cautionner un système de tortures en prison", en référence aux soignants bulgares.
"Par ailleurs, le coup de fil de félicitations à Poutine est aussi parfaitement choquant, quand on sait dans quelles conditions se sont déroulées les élections".
"Est-ce qu'il faut se mettre à genoux devant les intérêts financiers?", a-t-elle lancé, dénonçant "la négociation qui consiste à dire: +on piétine la tradition (française) de défense des droits de l'Homme, soit disant pour certains contrats"."Il faudrait pas non plus que le chef de l'Etat, en faisant le tour de la planète, fasse croire aux Français que son seul déplacement conduit à obtenir des milliard de contrats", a-t-elle protesté.
"Il faut faire très attention sur la question de la médiatisation et de la communication sur un chef d'Etat qui serait VRP".
"La plupart de ces contrats sont déjà signés bien avant que le président de la République ne voyage", et "dans un certain nombre de contrats il y a des délocalisations qui sont organisées". (Déclarations sur Canal +, dimanche 9 décembre)


A droite :

Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, s'est déclarée "dérangée" que le colonel Kadhafi arrive un jour de célébration des droits de l'homme en France, ajoutant que "la France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort". "Ce qui me dérange, c'est qu'il arrive un jour de célébration des droits de l'homme". (Déclarations dans Le Parisien, lundi 10 décembre)


Autres :

Françoise Rudetzki, déléguée générale de SOS Attentats : "Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, je pense que cette visite est inopportune", "elle risque d'encourager d'autres actes de terrorisme qui sont l'objet d'impunité". "Cette visite correspond à des impératifs politiques, diplomatiques et économiques sans que l'opinion publique soit consultée alors qu'elle est en droit de réclamer plus de solidarité et de justice". "Bien sûr on est obligé d'avoir des relations avec des pays qui bafouent les droits de l'homme: encore faut-il faire pression pour négocier plus de respect des droits de l'homme et aboutir à une négociation en vue de faire droit aux victime et à la justice. Si au final une visite de ce genre se solde par simplement des contrats économiques, les victimes se sentiront les grandes oubliées". La fondatrice de SOS Attentats aurait ainsi "souhaité" la négociation "d'accords commerciaux contre l'extradition des personnes sous mandats d'arrêts internationaux de sorte qu'elles répondent devant les victimes de leur actes".
SOS Attentats "regrette que suite à sa plainte déposée contre le colonel Kadhafi en 1999, la justice française, en application d'une coutume internationale, lui ait accordé l'immunité, en tant que chef d'Etat, pour son implication éventuelle comme donneur d'ordre potentiel de cet attentat". (Comuniqué, lundi 10 décembre)

Bernard-Henri Lévy, philosophe : "Que (Nicolas) Sarkozy et Cécilia Sarkozy aient libéré les infirmières bulgares, c'était magnifique. Qu'un homme ait droit à sa rédemption, comme dit M. Lewitt, naturellement, mais pas comme ça. Pas quelques semaines après cet espèce de braquage diplomatique qu'était cette affaire des infirmières bulgares. C'est honteux".
"On n'invite pas en visite d'Etat un grand terroriste et un preneur d'otages international comme Kadhafi. C'est pas possible. Dans le pays des Droits de l'Homme, il y a là quelque chose qui ne passe pas".
"C'est extrêmement choquant. Visite d'Etat, peut-être les drapeaux sur les Champs Elysées. On nous parle d'un recueillement sur la tombe du Général de Gaulle à Colombey-les-deux-Eglises. On rêve !". (Déclarations sur RTL, vendredi)
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Publié dans Articles de presse

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