Sanctionner le pouvoir parce que la France s'enlise dans la dette
Le projet de loi de finances établi par le gouvernement est tout bonnement incohérent. Pour boucler son budget, l’équipe Fillon table sur une croissance de 2,25 %. Une ineptie quand l’ensemble des organismes internationaux et des économistes indépendants estiment que la croissance ne dépassera pas 2 %. Mais le gouvernement fait la sourde oreille et s’entête à annoncer une réduction de la dette à 64 % du PIB. Le budget 2008 devrait donc se traduire par un déficit de 41,7 milliards, à peine inférieur à celui prévu pour 2007. Et le pire est sûrement à venir, car en pratiquant la politique de l’autruche sur des prévisions de croissance largement surévaluées, le gouvernement s’expose à un retour de manivelle des plus cinglants.
Nos engagements européens qui supposent de maintenir la dette sous le seuil des 60 % sont loin d’être respectés, ce qui fait bondir nos partenaires. Après avoir demandé un sursis jusqu’en 2010 pour revenir à l’équilibre des comptes publics, le gouvernement tente déjà de repousser cette date butoir à 2012 se sachant dans l’impossibilité de tenir ces engagements.