Sanctionner le pouvoir parce qu'il confond diplomatie et business

Publié le par citoyen 52

Ce que Nicolas Sarkozy et sa garde rapprochée appellent la realpolitik n’est en fait « qu’une politique d’improvisation, de coups médiatiques, de faux-pas qui diminue la crédibilité de la France »,explique Jean-Louis Bianco, député socialiste membre de la commission des affaires étrangères. En légitimant ses prises de position à l’emporte-pièce sous le couvert d’un pseudo pragmatisme, Nicolas Sarkozy s’est enfermé dans un engrenage dangereux pour la diplomatie française.

Il lui faut coûte que coûte exister sur la scène internationale quitte à échanger des centrales nucléaires contre des infirmières bulgares ou à féliciter chaudement Vladimir Poutine pour ses bons résultats dans des élections loin d’être un exemple de démocratie.

 

 

Apothéose de realpolitik made in Sarkozy, la venue en grande pompe du colonel Kadhafi en visite officielle à Paris, en décembre dernier. Pour les Français, auxquels Nicolas Sarkozy avait promis, pendant sa campagne, de mener «une diplomatie des droits de l’homme », cette concession passe pour un énième reniement.

 

Les droits de l’homme ne sont visiblement plus la priorité du chef de l’Etat. Les disparitions d’opposants politiques, les tortures perpétrées par le régime du guide libyen n’ont visiblement pas fait le poids face aux promesses de contrats de plusieurs milliards d’euros. A force de n’exister que par des coups médiatiques, le président de la République finit par agacer les partenaires traditionnels de la France. La presse internationale se fait d’ailleurs l’écho de cette stratégie tâtonnante. « Il serait naïf d’attendre de lui une quelconque cohérence », commente le Financial Times. Et le magazine américain Newsweek titrait récemment : « Sarkozy roule un train d’enfer, mais où va-t-il ? On ne le sait pas. »

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